Senelec : Les vraies raisons des coupures d’électricité enfin dévoilées 

Senelec : Les vraies raisons des coupures d’électricité enfin dévoilées 

Le Sénégal fait face à un nouvel épisode de coupures d’électricité, particulièrement sensible en soirée. Ce déficit de production laisse craindre de nouvelles perturbations dans les prochains jours et suscite une vive inquiétude chez les usagers.

D’après Mouhamed Habib Aïdara, secrétaire général du Syndicat des travailleurs de l’électricité (SUTELEC), ce retour des délestages tient avant tout à un décalage entre les capacités de production prévues et la demande réellement enregistrée. Interrogé mercredi sur les ondes de la RFM, il a précisé que Senelec avait calibré ses installations pour une pointe de consommation de 1 250 mégawatts, alors que la demande a grimpé jusqu’à 1 400 mégawatts. L’écart, d’environ 150 mégawatts, correspond à près de 11 % des besoins du pays.

Le syndicaliste pointe également les contraintes d’approvisionnement en combustible comme facteur aggravant. Plusieurs centrales pourtant conçues pour fonctionner au gaz doivent, faute de quantités suffisantes, se rabattre sur le fuel, une solution plus coûteuse. Pour Habib Aïdara, il revient à l’État de garantir une véritable autonomie dans l’approvisionnement des centrales électriques.

Le responsable syndical revient aussi sur la concentration des coupures à heures de forte affluence, entre 19 heures et 23 heures, période durant laquelle les foyers rentrent du travail et multiplient l’usage des climatiseurs, téléviseurs et éclairages. Il met en garde contre un risque accru de perturbations à l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, dans un contexte de chaleur persistante et de forte sollicitation du réseau.

Chez les consommateurs, l’inquiétude est tout aussi palpable. Assane Diagne, secrétaire général de l’Union nationale des consommateurs du Sénégal (UNCS), dresse un tableau des dommages concrets subis par les ménages et les entreprises : denrées avariées, appareils électroménagers détériorés, enfants pénalisés dans leurs révisions et baisse de la production pour les acteurs économiques. Elle rappelle que les usagers attendent avant tout la continuité d’un service qu’ils paient. Les entreprises, selon elle, cumulent les préjudices, entre pertes de production, stocks endommagés, retards de livraison et hausse des charges d’exploitation.

L’UNCS déplore par ailleurs un déficit de communication de la part des autorités concernant les calendriers de délestage, rarement respectés ou actualisés à temps, ce qui laisse le champ libre à la désinformation. Assane Diagne regrette que même les organisations de consommateurs peinent à obtenir une information fiable en temps utile sur ces coupures.

baba

Laisser un commentaire