Grève de 72 heures : Le SELS/Authentique se désolidarise et prône une « lutte responsable »

Alors que les syndicats de l’enseignement ont décrété un mot d’ordre de grève de 72 heures pour exiger le respect du protocole d’accord signé l’an dernier, le Syndicat des enseignants libres du Sénégal/Authentique (SELS/A) a publiquement annoncé qu’il ne s’associerait pas au mouvement.
Réuni en secrétariat permanent, le SELS/A motive son refus par un choix de calendrier jugé inopportun et une exigence de cohérence idéologique.
Un timing jugé inopportun en ce début d’année
Pour la direction du SELS/A, la première raison de cette abstention repose sur le contexte d’un début d’année scolaire particulièrement fragile. À peine entamée sa deuxième semaine, la rentrée reste encore théorique dans de nombreuses localités.
« Dans plusieurs établissements, les cours n’ont pas encore effectivement démarré, faute d’enseignants, de tables-bancs ou en raison de la non-mise en place d’abris provisoires. À Dakar ou à Kaolack, certaines écoles restent fermées à cause des inondations », souligne la direction.
Dans ces conditions, paralyser le système éducatif par 72 heures de débrayage est perçu par l’organisation comme une mesure « inopportune et préjudiciable » pour la communauté éducative.
Au-delà du calendrier, c’est une position de principe que met en avant le SELS/A. Le syndicat rappelle qu’il avait refusé de signer le protocole d’accord de l’année précédente, estimant que le texte ignorait les revendications essentielles du corps enseignant après quatre mois de mobilisation intense.
N’ayant pas cautionné cet accord à l’époque, le syndicat estime qu’il serait illogique d’en réclamer aujourd’hui l’application par la grève. « Il ne peut pas, par souci de logique et de cohérence, fermer aujourd’hui les salles de classe pour exiger le respect d’un texte qu’il a combattu ».
Tout en appelant ses militants à rester dans les classes et à assurer les cours, le SELS/A réaffirme son Il demande instamment au gouvernement d’ouvrir un dialogue sincère et inclusif sur les véritables priorités de la profession.
Retraites : la revalorisation de la pension des enseignants décisionnaires et le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans.
Carrières & Régularisation : une gestion rigoureuse des parcours professionnels et la diligence dans le traitement des actes administratifs des décisionnaires.
Équité : la correction définitive des iniquités salariales.
Pour garantir une reprise effective de l’école sur toute l’étendue du territoire, le SELS/A interpelle le ministère de l’Éducation nationale afin qu’il affecte dans les plus brefs délais les « sortants » des centres de formation et les nouveaux enseignants recrutés pour combler les déficits en personnel.
Enfin, l’organisation syndicale lance un appel aux parents d’élèves pour accélérer l’installation des abris provisoires et sensibiliser les jeunes à l’urgence d’un retour assidu sur les bancs de l’école.

